![]() |
![]() |
|||||||||||||
![]() |
||||||||||||||

Donc, le samedi 19 septembre 1846, de bon matin, les deux entants gravissent
les pentes du mont sous-les-Baisses, chacun poussant son troupeau de quatre vaches, avec
en plus, pour Maximin, sa chèvre et son chien Loulou. Le soleil resplendit sur les
alpages... Au milieu de la journée, l'Angélus sonne, tout en bas, au clocher de
l'église du village. Alors les bergers mènent leus vaches vers "la fontaine des
bêtes", une petite mare que forme le ruisseau dévalant le ravin de la Sézia. Puis
ils les chassent vers une prairie qu'on appelle "le chômoir ", sur les pentes
du Mont Gargas. Il fait chaud, les bêtes se mettent à ruminer.Maximin et Mélanie
remontent la combe jusqu'à la "fontaine des hommes ". Près de la source, ils
prennent leur frugal repas: du pain avec un morceau de tomme. Des petits bergers qui
"gardent" plus bas les rejoignent, l'on fait causette. Après leur départ,
Maximin et Mélanie franchissent le ruisseau et descendent de quelques pas vers deux bancs
de pierres empilées, près de la cuvette sèche d'une source tarie: c'est la "petite
fontaine". Mélanie pose son petit sac par terre, et Maximin sa blouse et son goûter
sur une pierre.
Contrairement à leurs habitudes, les deux enfants s'étendent sur l'herbe...
et s'endorment. Il fait soux au soleil de cette fin d'été, pas un nuage au ciel. Le
babil du ruisseau ajoute encore au calme et au silence de la montagne. Passe le
temps!...Brusquement, Mélanie se réveille et secoue Maximin! "Mémin, Mémin, viens
vite, que nous allions voir nos vaches... Je ne sais pas où elles sont!" Rapidement,
ils montent la pente opposée au Gargas. Se retournant, ils aperçoivente tout l'alpage:
leurs vaches sont là, ruminant tranquillement. Les deux bergers sont rassurés. Mélanie
commence à redescendre. À mi-pente, elle s'immobilise et, d'étonnement, elle lâche son
bâton: "Ménin, regarde voir, là, une clarté!"Près de la petite source, sur
l'un des bancs de pierre... un globe de feu. "C'este comme si le soleil était tombé
là". Pourtant le soleil continue de briller dans un ciel sans nuages. Maximin
accourt en criant: "Où est-elle? Où est-elle?" Mélanie tend le doigt vers le
fond du ravin où ils ont dormi. Maximin s'arrête près d'elle, figé de crainte, et lui
dit: "Garde ton bâton, va! Moi, je garde le mien et je lui donne un bon coup s'
"il" nous fait quelque chose". La charté bouge, remue, tournole sur
elle-même. Les mots manquent aux deux enfants pour signifier l'impression de vie que
rayonne de ce globe de feu. Une femme y apparaît, assise, la tête dans les mains, les
coudes sur les genous, dans une attitude de profonde tristesse.
La belle dame se lève. Eux n'ont pas bougé. Elle leur dit en français: Avancez,
mes enfants, n'ayez pas peur, je suis ici pour vous conter une grande nouvelle!>>
Alors, ils descendent vers elle. Ils la regardent. Elle ne cesse de pleurer. "On
aurait dit une maman que ses enfants auraient battu et qui se serait ensauvée dans la
montagne pour pleurer". La belle dame est grande et toute de lumière. Elle est
vêtue comme les fammes de la région: longue robe, grand tablier à la taille, fichu
croisé et noué dans le dos, bonnet de paysanne. Des roses couronnent sa tête, bordent
son fichu et ornent ses chaussures. A son front le lumière étincelle comme un diadème.
Sru ses épaules pèse une lourde chaîne. Une chaîne plus fine retient sur sa poitrine
un crucifix éblouissant, avec d'un côté un marteau, de l'autre des tenailles.
La Belle Dame parle aux deux bergers. " Elle a pleuré tout le temps
qu'elle nous a parl't". Ensemble, ou séparément, les deux enfants redisent les
mêmes paroles avec de légères variantes qui n'affectent pas le sens. Et cela, quels que
soient leurs interlocuteurs: pèlerins ou simples curieux, notables ou ecclésiastiques,
enquêteurs ou journalistes. Qu'ils soient favorables, sans préventions ou malveillants,
voici ce qui leus est transmis:
"Nous l'écoutions, nous ne pensions à rien". Comme Maximin et Mélanie, laissons résonner en nous ce qu'elle a dit sur la montagne.
Avec eux, écoutons-la en regardant sur sa poitrine le crucifix rayonnant de gloire.

Si mon peuple ne veut pas se soumettre, je suis
forcçe de laisser aller le bras de mon Fils. Il est si fort et si pesant que je me puis
le MAINTENIR">>.
Depuis le temps que je souffre pour vous!>>
Si je veux que mon Fils ne vous abandonne pas, je
suis chargée de le prier sans cesse, pour vous autres, vous n'en faites pas cas. Vous
aurez beau prier, beau faire, jamais vous ne pourrez récompenser la peine que j'ai prise
pour vous>>.
Je vous ai donné six jours pour travailler, je me
suis réservé le septième, et on ne veut pas me l'accorder! C'est ça qui appesantit
tant le bras de mon fils>>.
Et aussi, ceux qui mènent les charrettes ne savent pas jurer sans
mettre le nom de mon fils au milieu. Ce sont les deux choses qui appesantissent tant le
bras de mon fils>>.
Si la récolte se gâte ce n'est rien que pour vous autres. Je vous l'avais fait voir l'an passé par les pommes de terre: et vous n'en avez pas fait cas! Au contraire, quand vous en trouviez de gâtées, vous juriez, et vous y mettiez le nom de mon fils au milieu. Elles vont continuer, et cette année, pour la Noël, il n'y en aura plus
Le mot "pommes de terre" intrigue Mélanie. En
patois, on dit "là truffa". Et le mot "pommes" n'évoque pour elle
que le fruit du pommier. Elle se tourne donc vors Maximin pour lui demander une
explication. Mais la dame la prévient:
Vous ne comprenez pas, mes enfants?
Je m'en vais vous le dire autrement>>.
Si
la recolta se gasta nei rien qué per vous aoutres. Vous laiéou fa véire l'an passa per
là truffà... >>etc...
Si ava de bla, foou pas lou semena...>>
Il viendra une grande famine. Avant que la famine vienne, les enfants au-dessous de sept ans prendront un tremblement et mourront entre les mains des personnes qui les tiendront. Les autres feront pénitence par la famine. Les noix deviendront vides, les raisins pourriront.>>
Soudain la Belle Dame continue à parler, mais seul Maximin l'entend; Mélanie voit remuer
ses lèvres mais ne l'entend pas. Quelques instants plus tard, Mélanie, à son tour, peut
l'écouter, tandis que Maximin, que n'entend plus rien, fait tourner son chapeau au sommet
de son bâton ou, de l'autre extrémité, poussedevant lui de petites pierres. "Pas
une n'a touché les pieds de la Belle Dame!" s'excusera-t-il, quelques jours plus
tard. "Elle m'a dit quelque chose en me disant:
Ainsi la Belle Dame a parlé en secret à Maximin puis à Mélanie. Et de Nouveau, tous les deux ensemble saisissent ses paroles:
Si ils se convertissent, les pierres et les rochers deviendront des monceaux de blé et les pommes de terre seront ensemencées par les terres.
Faites-vous bien votre prière, mes pettis?>>
"Pas guère, Madame" répondent les deux enfantis.
Ah! mes petits, il faut bien la faire, soir et matin, ne diriez-vous qu'un Pater et un Ave Maria (un Notre père et un Jevous salue) quand vous ne pourrez pas mieux faire. Et quand vous pourrez mieux faire, dites-en davantage.
L'été, il ne va que quelques femmes un peu âgées à la messe.
Les autres trabaillent le dimanche tout l'été. L'hiver; quand ils ne savent que faire,
ils ne vont à la messe que pour se moquer de la religion. Le carême, ils vont à la
boucherie, comme les chiens.
N'avez-vous jamais vu du blé gâté, mes petits?>>
"Non, madame" réspondent-ils.
Alors elle s'adresse à Maximin:
Maximin répond:
"C'est bien vrai, Madame, je m'en souviens
maintenant, tout à l'heure, je ne m'en souvenais pas".
Le 19 septembre 1851, Mgr. Philibert de Bruillard, évêque de Grenoble,
publie enfin son "mandament doctrinal". En voici le passage essentiel:"Nous
jugeons que l'apparition de la Sainte Vierge à duex bergers, le 19 septembre 1846, sur
une montagne de la chîne des Alpes, située dans la paroisse de La Salette, de
l'archiprêtré de Corps, porte en elle-même tous les caractères de la vérité, et que
les fidèles sont fondés à la croire indubitable et certaine".Le retentissement de
ce mandement est considérable. De nombreux évêques le font tire dans les paroisses de
leurs diocèses. La presses s'en empare pour le meilleur ou pour le pire. Traduit en
plusieurs langues, il paraît notamment dans l'Osservatore Romano du 4 juin 1852. Les
lettres de félicitations affluent à l'évêché de Grenoble.L'expérience et le sens
pastoral de Philibert de Bruillard ne s'arrêtent pas là. Le 1er. mai 1852, il publie un
nouveau mandement annonçant la construction d'un sanctuaire sur la montagne de La Salette
et la création d'un corps de missionnaires diocésains qu'il nomme "les
Missionnaires de Notre Dame de La Salette". Mais il ajoute: "La Sainte Vierge a
apparu à La Salette pour l'univers entier, quei peut en douter?" L'avenir allait
confirmer et dépasser ces attentes. Le relais étant assuré, on peut dire que Maximin et
Mélanie ont rempli leur mission.Le 19 septembre 1855, Mgr. Ginoulhiac, nouvel évêque de
Grenoble, résumait ainsi la situation: "La mission des bergers est finie, celle de
l'Église commence". Innombrables sont aujourd'hui les hommes et les femmes de toutes
races et de tous pays qui ont trouvé dans le message de La Salette le chemin de La
conversion, l'approfondissement de leur foi, le dynamisme pour la vie quotidienne, les
raisons de leur engagement avec et dans le Christ au service des hommes.
Est situé en pleine montagne, à 1800 mètres d'altitude, dans les Alpes françaises. Le Sanctuaire et son hòtellerie sont confiés par le diocèse de Grenoble à l'Association des Pèlerins de La Salette. Les Missionnaires et les Soeurs de Notre Dame de La Salette en assurent l'animation et le fonctionnement avec l'aide des chapelains, prêtres diocésains et religieux, des religieuses et des laïcs. Ceux-ci tiennent une grande place: associés à la pastorale, salariés des différents services, et nombreux bénévoles de toutes nationalités. Nombreuses sont les propoistions offertes au choix des pèlerins. Lectures d'évangile, carrefours sur un thème choisi, réunions informelles, rencontres avec les chapelains, expositions ouvrant à la dimension missionnaire, au service des vocations, aides aux projets des groupes, accueil des enfants, etc...La journée est rythmée par l'Eucharistie et les offices du matin et du soir, les veillées et sles processions, le chapelet et les chemins de croix... sans oublier la prière silencieuse toujours possible dans la montagne ou les oratoires.
Maximin
Giraud est né à Corps, le 26 août 1835. Sa mère Anne-Marie Templier est du pays. Son
père Germain Giraud est venu d'un canton proche. Maximin n'a que dix-sept mois lorsque sa
mère meurt, laissant aussi une fille de huit ans, Angélique. Peu apreès, Monsieur
Giraud se remarie. Maximin va pousser vaille que vaille: le charron est à l'atelier, ou
au bistrot; sa femme n'a pas d'attirance pour ce gamin vif, insouciant, que ne traîne pas
à la maison, préférant se balader dans les rues de Corps autour des diligences et des
pataches, ou courir les chemins avec sa chèvre et son chien. Le gamin est volontiers
espiègle. I'oeil vif sous une tignasse noire, et la langue bien pendue... Pendant
l'Apparition, tandis que la Belle Dame s'adresse à Mélanie, il fait tourner son chapeau
sur le sommet de son bâton, ou, de l'autre bout, pousse des cailoux vers les pieds de la
Belle Dame. "Pas un ne l'a touchée!" répondra-t-il sans gêne aux enquêteurs.
Cordial dès qu'il se sent vraiment aimé. Malicieux quand on veut le récupérer. Son
adolescence a été difficile. Dans les trois années qui suivent celle de l'Apparition,
il perd son demifrère Jean-François, sa belle-mère Marie Court et son père le charron
Giraud. Il est mis sous la tutelle du frère de sa mère, l'oncle Templier, homme rude et
intéressé. A l'école, ses progrès sont modestes. La Soeur Sainte Thècle qui veille
sur lui l'appelle "le mouvement perpétuel." Ajoutez à cela les pressions
exercées par les pèlerins et les curieux. Dans ces circonstances, quelques illuminés
légitimistes, partisans d'un sol-disant fils de Louis XVI, veulent l'utiliser à des fins
politiques. Maximin les mystifie avec des balivernes. Contre les conseils du curé de
Corps et outrepassant l'interdiction de l'éêque de Grenoble, ils emmènent l'adolescent
à Ars. Celui-ci n'alme pas leur compagnie mais apprécie l'occasion de voir du pays. ils
sont reçus par l'imprévisible abbé Raymond, que, d'entrée, treite La Salette de
supercherie et les voyantes de menteurs. Durant la matinée du 25 septembre 1850, le curé
d'Ars rencontre deux fois Maximin, dans la sacristie puls au confessional, mais sans
confession. Qu'a pu ranconter l'adolescent exaspéré? Le résultat est que durant des
années le saint curé ne cessera de douter et de souffrir. Après le mandement du 19
septembre 1851, il renverra ses interlocuteurs au jugement de l'évêque responsable. Il
mettra plusieurs années avant d'y acquiescer lui-même, et de retrouver la paix. Quant à
Maximin, tout en affirmant qu'il ne s'est jamais démenti il aura bien du mal à justifier
son comportement. Il suffit d'énumérer les lieux où il est passé pour réaliser à
quel point le jeune homme a été trimballé. Du petit séminaire de Grenoble ( Le
Rondeau) à la Grande Chartreuse, de la cure de Seyssin à Rome. De Dax et Aire-sur-Adour
au Vésinet, puis au collège de Tonnerre, à Petit Juy en Josas près de Versailles et à
Paris. Séminariste, un hospice, étudiant en médecine, ratant son baccalauréat, il
travaille dans une pharmacie, s'engage comme zouave pontifical, résilie son contrat au
bout de six mois et retourne à paris. Le jounal "La Vie Parisienne" ayant
attaqué La Salette et les deux voyants, Maximin porte plainte et obtient un rectificatif.
En 1866, il publie un opuscule "Ma profession de foi sur l'apparition de Notre Dame
de La Salette". Durant cette période, M. et Mme Jourdain, un couple tout dévoué à
son service, lui assure un semblant de stabilité et paie ses dettes au risque de se
ruiner. Maximin accepte alors d'être l'associé d'un marchand de liqueurs qui utilise sa
notoriété pour augmenter ses ventes. L'imprévoyant Maximin n'y trouve pas son compte.
En 1870, il est mobilisé au Fort Barrau à Grenoble. Enfin il rejoint Corps où viennent
le retrouver les époux Jourdain. Tous trois vivent pauvrement, aidés par les Pères du
Sanctuaire avec l'accord de l'évêché. En novembre 1874, Maximin monte au pèlerinage de
La Salette. Devant un auditoire particulièrement attentif et ému, il refait le récit de
l'Apparition comme au premier jour. Ce sera la dernière fois. Le 2 février 1875, il se
rend aussi pour la dernière fois. Le 2 février 1875, il se rend pour la dernière fois
à l'église paroissiate. Le soir du 1 er mars, Maximin se confesse, reçoit la sainte
communion et boit un peu d'eau de La Salette pour avaler l'hostie. Cinq minutes plus tard,
il rend son âme à Dieu. Il n'a pas encore quarante ans. Sa dépouille repose au
cimetière de Corps mais son coeur est dans la basilique de La Salette près de la console
de l'orgue. C'était sa dernière volonté, pour marquer son attachement à l'Apparition:
"Je crois fermement, même au prix de mon sang, à la célèbre Apparition de la
Très Sainte Vierge sur la Sainte Montagne de La Salette, le 19 septembre 1846, Apparition
que j'ai défendue par paroles, par écrits et par souffrances... Dans ces santiments, je
donne mon coeur à Notre Dame de La Salette." Par le même testament, ce pauvre
n'avait plus rien à léguer que sa fidélité à la foi de l'Église. Le gamin attachant
et instable qu'il est toujours resté, a enfin trouvé, près de la Belle Dame,
l'affection et paix de Dieu.
Mélanie est née à Corps, le 7 novembre 1831, dans
une famille nombreuse. Le père, Pierre Calvat, conny comme scieur de long, s'adapte en
fait à toute offre de travail. La mère, Julie Barnaud, aura de lui dix enfants. Mélanie
est la quatrième. on est pauvre au point d'envoyer parfois les petits mendier. Toute
jeune, Mélaine est "placée" pour garder les vaches, chez des paysans des
environs. Du printemps 1846 à la fin de l'automne la voici chez Jean-Baptiste Pra, aux
Ablandins, l'un des hameaux du village de La Salette. Le voisin de Pra s'appelle Pierre
Selme. C'est lui qui a embauché - une semaine seulement - le remuant Maximin pour
remplacer son berger malade. Face à ce jeune bavard, Mélanie, timide et taciturne, rest
sur ses gardes. Pourtant les deux enfants ont des points communs... si l'on peut dire!
Nés à Corps où résident leurs familes, ils ne se connaissent pas, étant donné les
très longues absences de la bergère. Tous deux parlent le patois local et ne connaissent
que quelques bribes de français. Ni école, ni catéchisme: ils ne savent ni lire, ni
écrire. Le père de Mélanie est en constante recherche de travail. Sa mère est
surchargée par les soucis de toute sa marmaile. Il ne rest pas de place à l'affection,
ou si peu. Au jour de l'Apparition, ce que caractérise Mélanie, comme Maximin, c'est la
pauvreté: pauvres de biens, pauvres de savoir, pauvres d'affection. Le fait aussi qu'ils
sont totalement dépendants. Ce sont des "cires vierges" que l'événement va
marquer définitivement de son empreinte, tout en respectant leurs caractères. Mélanie
est en effet bien différente de son compagnon de rencontre. Elle vit chez des étrangers
et ne connaît sa famille que durant les mois difficites de l'hiver, où l'on a faim et
froid. Rien d'étonnant qu'elle soit timide et renfermée. "Elle ne répondait que
par oui ou par non" témoigne son maître. Jean-Baptiste Pra. Par la suite, elle
répondra clairament et simplement aux questions concernant le fait de La Salette. Elle
reste quatre ans chez les Soeurs de la Providence. Elle a peu de mémoire et moins
d'aptitude encore que Maximin pour étudier. Dès novembre 1847, sa directrice craignait
déjà que Mélanie "ne tiràt vanité de la position que l'événement tui a
faite". Devenue postulante puis novice dans la même Congrégation, objet
d'attentions et de prévenances de la part de nombreux visiteurs, elle s'attache à ses
propres manières de voir. Pour raison, le nouvel évêque de Grenoble, tout en
reconnaissant sa piété et son dévouement, refuse de l'admettre aux voeux "pour la
former... à la pratique de l'humilité et de la simplicité chrétiennes".
Melheureusement, Mélanie prête alors l'oreille à des personnes "inquiètes et
malades", imbues de prophéties populaires et de théories pseudo-apocalyptiques et
pseudo-mystiques. Elle en restera marquée tout au long de sa vie. Pour donner crédit à
ses affirmations, elle les relie au secret qu'elle a reçu de la Belle Dame. Un examen
tant soit peu attentif de ce qu'elle dit et écrit montre les différences irréductibles
avec les signes et les paroles de Marie à La Salette. Mélanie, ses problèmes et ses
fantasmes, sont devenus le centre de son discours: à travers ses prophéties, elle règle
ses comptes avec ceux qui opposent quelque résistance à ses projets: elle exprime son
refus de la société ou du milieu où elle a des problèmes. Elle se recrée un passé
imaginaire où sont exorcisées les frustrations dont elle a été victime dans son
enfance. Dès 1854, Mgr. Ginoulhiac écrit: "les prédictions qu'on prête à
Mélanie... n'ont pas de fondement, elles sont sans importance par rapport au Fait de La
Salette... elles sont postérieures à ce Fait et n'ont aucune liaison avec lui". Et
l'évêque de remarquer: "La plus grande liberté a été laissée aux enfants de se
démentir et ils n'ont pas varié leur langage sur la vérité du Fait de La
Salette". Dans cette optique, Mgr. Ginoulhiac proclamera, le 19 septembre 1855, sur
la Sainte Montagne: "La mission des bergers est finie, celle de l'Église
commence". Malheureusement Mélanie poursuivra ses divagations prophétiques,
orchestrées plus tard par le talent fulturant d'un Léon Bloy, créant un courant
"mélaniste" qui se veut rattaché à La Salette mais que n'a d'autre base que
les affirmations incontrôlables de Mélanie. On est à mille lieues des fondements
historiques de l'Apparition. Quant au contenu, malgré son vernis religieux, il n'a
pratiquement rien à voir avec les vérités de la foi de l'ëglise, rappelées par Marie
à La Salette. On quitte le domaine de la foi pour celui, instable, contestable et
stérile, des croyances. Ce genre de littératura éloigne de la foi au lieu de la
favoriser. En 1854, un prêtre anglais emmène Mélanie en Angleterre. L'année suivant,
elle entre au Carmel de Darlington, y fait profession temporaire en 1856 mais en repart en
1860. Autre tentative chez les Soeurs de la Compassion de Marseille: après un séjour
dans leur maison de Céphalonie (Grèce) et un passage au Carmel de Marseille, elle
revient à la Compassion pour peu de temps. Après quelques jours à Corps et à La
Salette, elle s'établit en Italie, à Castellamare di Stabia, près de Naples. Elle y
rest dix-sept ans, écrivant ses "secrets" et une règle pour une éventuelle
fondation. Le Vatican prie l'évêque du lieu de lui interdire ce genre de publication,
mais elle cherche obstinément d'autres appuis et imprimatur, jusqu'au maître du Sacré
Palais, Mgr. Lepid. Cela ne représente pas une approbation, même voilée. Et l'autorité
à laquelle Mélanie se réfère n'est pas compétent. Après un séjour dans le mid, à
Cannes, nous retrouvons Mélanie à Chalon-sur-Saône où, toujours en quête de
fondation, soutenue par le chanoine de Brandt d'Amiens, elle se touve en procès, avec
Mgr. Perraud, évêque d'Autun. Le Saint Siège, saisi de l'affaire, donne raison à
l'évêque. En 1892, elle retourne en Italie, près de Lecce, puis à Messine en Sicile,
sur l'invitátion du chanoine Annibale di Francia. Après quelques nois dans le Piémont,
elle vient s'établir chez l'abbé Combe, curé de Diou, dans l'Allier, un prêtre
passionné de prophéties politico-religieuses. Elle finit d'y rédiger une
autobiograplhie pour le moins romancée, où elle se réivente une enfance extraordinaire,
mêlée de considérations pseudo-mystiques, reflets de ses propres fantasmes et des
chimères de ses correspondants. Les messages que délivre alors Mélanie et qu'elle veut
rattacher à La Salette n'ont vraiment rien à voir avec son témoignage primitif sur
l'Apparition. D'ailleurs quand on en revient avec ele au fait du 19 septembre 1846, elle
retrouve la simplicité et la clarté de son premier récit, concordant avec celui de
Maximin. Et ceci d'une manière constante. Ainsi, lors de son passage sur la Sainte
Montagne les 18 et 19 septembre 1902. Elle retorune en Italie méridionale, à Altamura
preès de Bari. Elle y meurt le 14 décembre 1904. Elle repose sous une stèle de marbre
où un petit bas-relief montre la Vierge accueillant la bergère de La Salette au ciel.
Une chose est certaine: au terme de toutes ses errances, il est un point sur lequel
Mélanie n'a jamais varié: le témoignage qu'avec Maximin, elle a donné au soir du 19
septembre 1846, dans la cuisine de Jean-Baptiste Pra aux Ablandins. Et durant toute
l'equête menée par Mgr. Philibert de Bruillard, reprise et confirmée par celle de Mgr.
Ginoulhiac. Dans une vie difficile, Mélanie est restée pauvre et pieuse, et fidèle à
son premier témoignage.
Legio Marie - Festa da Ácies 2008. novo
Semana Santa na Salette/SP - Veja como foi aqui. novo
Domingo de ramos na Missa das 18h30 no Santuário Salette / SP
Domingo de ramos na Missa das 11h no Santuário Salette / SP
D.Joaquim recebe título de Cidadão Paulistano no Santuário Salette / SP
2o. Dia de Participação do SantuárioSalette / SP no Programa Quarta Viva
Participação do Santuário Salette / SP no Programa Quarta Viva 1o.dia
Via Sacra 2008 no Santuário Nsra
Salette / SP
Vicariato da Comunicação realiza curso na Cúria Arquidiocese da Região Norte
Quarta-feira de cinzas abre Campanha da Fraternidade 2008
Aniversário de Profissão Religiosa do Irmão José Benedito Antunes